RENOUVELER MA VOCATION PROPHETIQUE – NOTRE PELERINAGE
Suite à la décision du Chapitre général de 2008 d’offrir des programmes de renouveau, Namur est devenu, du 12 juillet au 3 août 2011, le lieu de réunion de 17 Sœurs de Notre-Dame de Namur venues de Belgique, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, du Pérou, du Nigéria, de la République démocratique du Congo et du Kenya.
Les réflexions et les partages des participantes parlent par eux-mêmes.
Pendant ce pèlerinage
« Renouveler notre vocation prophétique », nous avons rencontré la femme réelle, qui vit et qui respire : Julie Billiart. L’amitié personnelle affectueuse entre Julie et Françoise Blin de Bourdon nous a appelées à un plus grand amour et un plus grand respect l’une envers l’autre dans nos communautés.
Nous sommes entrées profondément dans les luttes et la souffrance de Julie et nous avons commencé à sentir à quel point elle a souffert, mais aussi combien elle était déterminée, combien elle était zélée, combien elle était attentive à ses sœurs, comment aucun dérangement n’était de trop pour elle. Son sens de sa propre identité, sa foi dans son appel, sa confiance inébranlable en Dieu, sa persévérance – tout cela nous a donné l’encouragement dont nous avons besoin pour vivre comme ses filles fidèles, appelées à renouveler notre vocation prophétique, appelées à approfondir notre relation avec Dieu, appelées à croître dans une communauté qui opte pour les impératifs de l’Evangile comme chemin de vie.
Nous étions inspirées par le courage de celles qui nous ont précédées. Pendant qu’elle priait devant le Saint-Sacrement, Sr Emmanuel de St Joseph fut tuée lors d’un bombardement à Bastogne au cours de la seconde guerre mondiale. On pense qu’elle avait offert sa vie pour la sécurité des autres.
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Liste des soldats hébergés à Bastogne |
Ciboire et photo de sœur Emmanuel |
Nous étions inspirées par les sœurs qui se sont embarquées à Anvers pour l’Amérique, un pays inconnu d’elles. Nos rencontres avec les nombreuses sœurs âgées et retraitées en Belgique et leur fidélité inentamée à vivre notre charisme Notre-Dame nous ont émues profondément.
Le fait d’écrire le journal de nos réflexions et de nos expériences nous a aidées à intérioriser les moments spirituels et les intuitions de notre pèlerinage et à approfondir notre engagement à renouveler notre vocation prophétique.
Le fait de revisiter les vœux, qui transcendent toutes les cultures, a confirmé et renforcé les relations porteuses de vie en Notre-Dame. Par l’engagement de nos vœux, nous proclamons aujourd’hui à notre monde que Dieu est bon. Nos vœux nous libèrent pour être qui nous sommes ; notre partage mutuel dans la prière et la discussion a approfondi notre sens de l’internationalité et notre fraternité.
Nous avons mieux compris que la théologie est pour chacun(e) et que la théologie pour les Sœurs de Notre-Dame nous rend capables de reconnaître et de vivre la bonté de Dieu dans nos vies personnelles, dans nos communautés et dans notre monde. Nous retournons à notre mission, renouvelées dans la paix et le courage pour proclamer que nous, filles de Julie, savons que Dieu est vraiment bon.
Les défis auxquels sont affrontées les religieuses dans l’Eglise institutionnelle d’aujourd’hui ne sont pas différents de ceux auxquels Julie a fait face en son temps. L’expérience des femmes et le rôle des femmes dans l’Eglise sont toujours soumis à l’approbation du clergé. Ceci n’a pas empêché Julie de faire reculer les frontières. Elle resta fidèle à sa vision de Compiègne, sans se restreindre à un diocèse mais en proclamant que ses sœurs iraient dans le monde entier.
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En parvenant à une appréciation et une compréhension plus profondes de notre propre individualité et de notre unicité, nous avons commencé à avoir une appréciation et une compréhension plus profondes des autres, spécialement des personnes d’autres religions. Il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu ! Dieu ne s’inquiète pas de savoir de quelle religion nous sommes. En élargissant notre vision de qui est Dieu pour tous, nous sommes devenues conscientes de notre besoin d’être plus ouvertes au dialogue avec les personnes d’autres religions. Toutes les religions croient que les êtres humains ont en eux quelque chose de divin. Dieu est présent dans toute l’humanité. Nous sommes les gardiennes de l’image l’une de l’autre et c’est un dépôt sacré.
Tout au long du pèlerinage, nous avons approfondi notre compréhension de qui nous sommes en reconnaissant que nous venons devant Dieu avec toute l’humanité, avec nos déficiences, nos fleurs et nos semences qui doivent encore s’épanouir.
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