16 dimanche temps ordinaire – Sr. Adrienne Kapela – français

20 juillet, 2025

Luc 10, 38-42

L’HOSPITALITE, LA MEILLEURE PART.

Jésus est de passage, s’arrête chez Marthe et Marie. Il rejoint les deux sœurs dans leur milieu de vie. Il est accueilli par les deux ; cependant leur comportement révèle deux caractères différents.  Marthe agit pour montrer à Jésus ce dont elle est capable d’accomplir pour Lui par ce qu’elle l’aime et le respecte. Quant à Marie, elle a cessé ses activités et s’est assise pour écouter et contempler Jésus. Son attention est entièrement tournée à la personne de Jésus pour savourer son enseignement. Marthe se présente comme celle qui est toujours active et hospitalière ; Marie a l’attitude d’écoute.  Luc le souligne bien : « Marie se tenait assise aux pieds du Seigneur, écoutant sa Parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service »

Qu’est ce qui nous interpelle le plus ? qu’est ce qui est le plus important ? Ce que Marthe fait pour Jésus ou ce que Jésus fait pour les deux sœurs ?

En effet, les deux sœurs admirent et aiment profondément Jésus mais chacune l’exprime selon sa nature. La différence entre les deux sœurs est marquée dans leur relation avec Lui. Marthe est liée à Jésus par le quotidien (elle reçoit) tandis que Marie l’est par son choix (elle l’écoute).

« Marthe veut faire des merveilles pour Jésus, et cela la prend tout entière ; elle se sent débordée. Marie, elle, s’installe aux pieds de Jésus, le regarde de tous ses yeux, l’écoute passionnément. » (Jean-Marie Van Parys, Ecouter la Parole, édition Loyola, 2011, P.122).

Marie est contente, Marthe est au bord du mécontentement, elle se plaint : « Seigneur cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui de m’aider !

Jésus lui répond : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas ôtée »

Messager de la bonne nouvelle, Jésus, bonne nouvelle Lui-même vient pour offrir sa parole vivifiante, pour révéler l’amour et la miséricorde du Père, il est Lui-même la nourriture. Sa présence et sa Parole apportent un don sans prix, un don meilleur que la fête que lui prépare Marthe.

Marthe n’est pas pour autant blâmée pour ses qualités de maîtresse de maison ni pour son souci de la nourriture des corps ; c’est avec amitié et tendresse que Jésus parle à Marthe. Il voit sa bonne volonté, mais sa présence apporte mieux que la générosité de Marthe. Accueillir le Seigneur, c’est d’abord l’écouter pour se laisser transformer et être capable d’entrer dans une véritable relation d’être. Reconnaitre toute la valeur de ce que Jésus apporte, c’est ce que fait Marie. Marthe veut célébrer avec art et dépenses la présence de Jésus. Marie veut recevoir le don sans prix que Jésus lui fait de sa présence et de sa Parole. C’est la meilleure part, dit Jésus. Elle a fait le bon choix. Pour cela, il faut une disponibilité du cœur.

Cependant, sainte Julie nous invite à être « Marthe et Marie » ; elle veut nous signifier que les deux figures sont importantes dans notre vie consacrée. Nous pouvons déceler deux dimensions de notre consécration à savoir : amour et service, contemplation et action. Ce sont deux dimensions inséparables pour une vie consacrée épanouissante.

Marthe sans Marie : nous sort de l’essentiel, nous charge d’une vie préoccupée, angoissée, soucieuse et inquiète car nous n’accueillons pas assez le Christ qui habite notre vie et qui vivifie la mission.

Marie sans Marthe : c’est l’offrande quotidienne de ce que nous sommes et de ce que nous avons ; une offrande libre, joyeuse et agréable qui rend le Christ accessible.

Mais cela ne suffit pas, car il faut accueillir le Christ incognito, le proche, l’enfant, le pauvre, l’étranger, l’inconnu. Eux aussi ont quelque chose de LUI à nous révéler, à nous offrir, à partager pour nous sortir de nos inquiétudes, nous arracher à nos agitations et nous faire découvrir quelque chose de l’unique nécessaire.

Appelées à témoigner de la bonté dans le monde, nous cherchons à unir la contemplation et l’action dans notre vie.

« Que la très Sainte Marie, Mère de l’Eglise, nous accorde la grâce d’aimer et de servir Dieu et nos frères avec les mains de Marthe et le cœur de Marie, afin qu’en étant toujours à l’écoute du Christ, nous puissions être des artisans de paix et d’espérance. Et cela est intéressant : par ces deux attitudes, nous serons des artisans de paix et d’espérance » (pape François, Angelus du 21 juillet 2019).

Luc 10, 38-42

In French, Luke 10:38-42 reads: Comme Jésus était en chemin, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, après s’être assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m’aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point enlevée.”

 

Rencontrez Soeur Adrienne Kapela, SNDdeN

Sœur Adrienne Kapela est née le 8 novembre 1955 à Kisantu en République Démocratique du Congo. Elle est entrée au postulat des sœurs de Notre-Dame le 01/09/1975. Elle fit ses vœux perpétuels en 1986.Elle a fait ses études supérieures aux Facultés Catholiques de Kinshasa (aujourd’hui Université du Congo). Après sa licence en Théologie et en sciences humaines, elle a travaillé pendant quelques années comme enseignante et directrice d’internat puis comme préfet des études successivement au Lycée de Kisantu, Lycée de Mpese et au Lycée de Kisenso pendant plusieurs années.Elle a été ensuite maîtresse adjointe de novices et de junioristes pendant plusieurs années ; elle fut conseillère provinciale et supérieure de la communauté de Kimwenza. Elle a été ensuite maîtresse de novices et a été choisie comme déléguée au chapitre général de 2008. Actuellement elle travaille à Cuvilly, France dans la pastorale paroissiale.